Le temps de ta jeunesse est définitivement mort, oublie les meilleurs moments, l'inconscience du danger, de la souffrance. Tout n'est que sang autour de toi, ne vois-tu pas? Les humains qui t'entourent, les uns après les autres, prendront soin de détruire ta minable existence. Ecoute gamine, le son de la faux, qui fend l'air de toute son immensité. Tu as peur? Attend, tu n'as encore rien vu. Bientôt tu ne sentiras plus les brûlures de sa lame, tu finiras par t'y faire. Au royaume des Morts tu seras reine, je danserai autour de toi, je te chanterai les plus beaux requiems, regardes bien mes yeux, plus aucune rage de vivre ne s'y reflette. Et oui, ainsi va la vie. Saches que le grand horloger se moque de tes petites histoires. Mais moi j'ai bien compris que ta vie étriquée ne te suffit plus, tu désire autre chose evidemment. La splendeur d'une cascade perdue en pleine forêt, le son ennivrant des vagues, les chevaux au galop sur la plage. Tes bras seignent autant qu'ils le peuvent, les plaies ne veulent pas se refermer, et tu souffre, ça te brûle, à l'instant même où je parle, pourquoi fais-tu ça ? Tu sais que tu vas le regretter, tu commence déjà à t'en mordre les doigts. Mais la mer est bien loin, les chevaux sont morts et la cascade est asséchée. Que vas tu faire à présent ? La douleur s'évapore, je te l'ai dit, on s'habitue à tout. As tu bien brûlé ta lame ? Tes plaies vont t'elles s'infecter ? Non. Les plaies des scarifiés ne s'infectent jamais. Le sang coagule à présent, te voilà rassurée. Ton annémie t'éffraie parfois. Mais qu'importe, ton coeur vit peut être ses derniers battements. Alors, qu'importe. Le froid de ton bureau où tu te trouve en ce moment même s'incruste dans tes blessures, mais il ne faut pas tâcher ce joli pull. Oh, trop tard... Que ta mère n'y voit pas surtout, mais ton père en sera surrement informé, un soir... Regarde encore une dernière fois ton bras gauche, qui ne ressemble plus qu'à un champ de ruines. que dira ton homme ? Tu vas encore le dégoûter, pauvre idiote. Un jour il partira loin de toi et de tes saloperies suintantes. Et tu seras de nouveau seule, seule tu m'entend ?? Tes amis sont défoncés, ta famille se fout bien de tout, et toi dans tout ça ? Et lui ? Arrête de l'aimer, tu vas finir par le tuer. Il ferait n'importe quoi pour toi, mais toi tu ne fais rien, tu en es bien incapable. Allez, allume toi une clope va. Ton rat te regarde d'un drôle d'air, de toute façon tu fais flipper tout le monde avec tes crises d'hystérie. Même pas capable de te sentir bien plus d'une demie heure par jour, qu'est ce que tu fous là, franchement ? Vas y crève, de toute façon ta vie t'a déjà tué depuis des années. Ombre de toi même, attachante comme une déclaration d'impôts, tu peux lui jetter un froid même quand y fait chaud, fallait pas t'aimer. La plus belle des malédictions, car il t'a maudite durant une année entière. Fais gaffe, les poils de ton pul se coincent dans ton sang séché, ça va tirer. Et merde, voilà... Qui lira ça ? Tu t'en fou bien pas mal. Les larmes à raz le coeur tu sais même plus s'il vaut encore la peine de pleurer pour si peu. Démotivation dans les veines. T'as arrêté de croire en quoi que ce soit, c'est réservé aux gens heureux. Pense à lui. Il en vaut tellement la peine, la peine qu'on ne l'oublie pas. Près de toi il te dis ce que tu veux entendre, oui mais ? As tu oublié le plaisir que l'on ressent la tête sous l'eau ? Le silence, et le soleil au dessus de tes yeux ? Les mouettes chanteront encore après ta mort. Le temps arrêté de ta mémoire te survivra. Une villa, le soleil dans leur chambre, les rires d'enfants emplissant chaque pièce. Et ces escaliers de bois que tu as si souvent emprunté seront toujours là. Cette cave où tu es restée enfermée sentira toujours aussi bon. Tu pourras enfin retourner dans ta chambre. Le soleil éclairera ta dernière demeure, le même que là bas. Si loin, ton bonheur et l'odeur du sang qui émane de ta peau, omniprésente. Les voiles, blanches, mystérieuses, elles verront tellement de tempêtes après toi. Ta cage t'ouvriras sa minuscule porte, et tu t'échapperas enfin vers son horizon. Vole, petite, vole vers ta mémoire. Le temps s'est arrêté le jour où la neige a frôlé ton visage. Tu retournera là où la vie avait encore un sens, là où le soleil brillait à travers la fenêtre, un chat sur ton balcon. Laisse le renter, laisse le t'emporter loin de ton enfer. Retrouve ton enfance que l'on t'as arraché. Ta vie a été volée, violée, massacrée. Les colombes volent encore dans tes nuits, elles ne mourront jamais tu sais, tant que tu les réssuciteras. Tu ne sais pas ce qu'il adviendra ensuite, mais tu sais que c'est pour bientôt. Noël était beau à cette époque. Tu souviens tu ? Bien sûr. C'est ce qu'y te maintient en vie. Protège toi de leurs agressions, enferme toi dans tes souvenirs, c'est là que l'éclat survit discrètement. Là tu pleure, tu craque, tu veux lâcher prise, tu tremble, pourquoi fait-il si froid tout à coup ? Trop de sang perdu ? Trop de vie en fines gouttes sur la moquette. Ils ne comprendront jamais, alors n'explique rien, rêve et oublie ce qui t'entoure. L'odeur du pain frais et des embruns, l'odeur de la joie et des sapins. Deux mondes, deux bonheurs, ils ont disparu mais pas dans ton esprit, alors espère encore, au rêve après la nuit. Au jour après la mort. Tu es lâche, mais tu te comprend et c'est tout ce qu'y compte. Si seulement tu pouvais disparaître, ne plus rien ressentir, ni l'amour, ni la haine, ni la joie, ni la détresse. Un rat en cage qui dévore ses barreaux, tu n'es rien d'autre que ça. Alors abandonne. Le soleil est tellement loin.... Le petite fille est morte et l'envie de vivre avec.
Abandonne.