Le vol du corbeau transportant les âmes à la frontière des deux mondes, satanique à tendance angélique. Et la nuit. Beauté des corps en sueur. Et le jour, folie douce d'un prince un peu fantaisiste. Le beau et la bête, la folie et le sensuel. Craches moi de n'être que cet horrible égocentrisme puant. Tu me parleras mais moi je n'écouterais pas, préférant me plonger dans le tourbillon sournois de tes iris de bord de mer. Tu as le droit de me prendre mon âme dans tous les sens que l'apesanteur peut le permettre, alors vas-y. Lèches mes larmes de sueurs, vole au-dessus de mes entrailles qui se tortillent, horribles complices de la prochaine phrase assassine que je te jetterais en pleine gueule comme un cri d'amour. Laisse- la lovée au creux de ma bouche afférée à la dure tâche de te rendre heureux. Passes encore ma porte, reviens, ne repars que quand je le désirerais, embrasse mon squelette qui craque sous le poids de tes mots. Recouvres mes hanches de cette cire noire que l'on nomme désir. Traverse de part en part mon être qui n'est plus que cris et souffles courts. Encore bébé, encore. Sur ton visage apparait la douleur salvatrice du plaisir. Apocalypse orgasmique. Sens enflammés je m'envole aux côtés de cet amour blafard... Blafard comme ma frêle face dont le sang s'arrache pour pénétrer ton c½ur noir. Fusion de la vie et de la mort, puisque l'amour est sale, parsemé de petits bourrons de passion, brutalité des gestes et douceur des mots, je veux bien me vautrer dedans jusqu'à la fin des temps. Le soleil beigne notre nid à présent, aube, les ivrognes se faufilent au bar du coin, alors que la courbe de mes seins supplient celle de tes yeux de les admirer encore. Excuses ma connerie, je n'y comprends rien, mais j'aime. Oui, je t'aime, ça doit être ça...
